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À la pointe de la technologie, la Corée du Sud a encore beaucoup de progrès à faire en ce qui concerne l’égalité des genres. Malgré le monde édulcoré vendu par la K-Pop, être une femme en Corée du Sud, ce n’est pas vivre une vie remplie de paillettes.

© Johen Redman - Unsplash
© Johen Redman - Unsplash

La doctrine de Confucius, philosophe Chinois, est bien ancrée dans la culture sud-coréenne. Elle a grandement participé à la fondation de la société du pays. Dans ses écrits, il considère que l’homme représente le ciel et la femme la terre. En d’autres mots, l’homme serait supérieur à la femme. Cette dernière a pour rôle de le satisfaire, lui faire des enfants en bonne santé et s’occuper du foyer. Bien que les mentalités évoluent avec les nouvelles générations, le partage des tâches en Corée du Sud reste un sujet délicat. La femme travaille, mais s’arrête souvent une fois qu’elle se marie pour remplir pleinement ses obligations d’épouse.

L’héritage de Confucius explique, en partie, la barrière invisible qui empêche les femmes d’accéder à des postes à responsabilité : un véritable plafond de verre. D’après une étude de l’OCDE datant de 2018, en Corée du Sud la différence entre les salaires versés aux hommes et aux femmes est de 34,1 %, contre 13 % en France. Dans le classement de l’égalité des sexes de 135 pays établi par le Word Economic Forum, en 2017, la Corée du Sud se situe au 108e rang, derrière les Émirats Arabes Unis.

En novembre 2019, pour la première fois en Corée du Sud, une femme présente le journal télévisé sur la chaîne publique KBS. Lee So-Jeong s’est confiée un peu plus tard sur l’immense pression qu’elle a ressenti.

Corps parfait

Taille fine, teint pâle, front légèrement bombé, doubles paupières fardées mais sans excès, pommettes hautes et tendrement rougies, grands yeux noirs, lèvres écarlates, cheveux bruns et corps mince… La beauté coréenne est paramétrée, au grain de beauté près. À la télé, dans le métro, sur les panneaux publicitaires, dans tout Séoul, les femmes sont sans cesse rappelées à l’ordre : vous devez ressembler à ça. Pilules minceur, régimes express, chirurgies plastiques… Les coréennes se coupent en quatre pour rentrer dans ces critères de beauté. On peut prendre l’exemple de l’idole IU, qui a l’un des régimes les plus célèbres de la K-Pop. Une pomme au petit-déjeuner, une patate douce à midi et un shaker de protéines le soir. Avec en plus, des séances de danse et un entraînement sportif intense. Elle est l’archétype du modèle féminin promu en Corée du Sud.

La chaîne youtube Asian Boss a réalisé, en 2018, un micro-trottoir, pour connaître le poids idéal pour une femme en Corée du Sud.

D’après un sondage de Gallup Korea, un tiers des coréennes âgées de 19 à 29 ans ont déjà subi une intervention chirurgicale. Les plus courantes sont les rhinoplasties, destinées à modifier la structure du nez, et les fameuses doubles paupières. Cette opération chirurgicale crée un pli sur la paupière comme sur celles des occidentaux et permet d’arrondir la forme des yeux

Privilège

Au pays du matin calme, les inégalités ne sont pas perçues de la même façon par les hommes. Bien au contraire, pour beaucoup, les coréennes sont considérées comme ayant un certain nombre de « privilèges ». La Corée du Sud tente-elle de rattraper le coup ?

Pour essayer de remonter dans les classements, le pays a mis en place différents quotas d’emploi dans les administrations par exemple. Les entreprises ont l’obligation d’engager un minimum de femmes en fonction de leur structure. Mesure vue comme un privilège accordé au sexe féminin pour certains, mais qui ne les avantage pas pour autant. En effet, les coréennes trouvent des emplois plus facilement, mais elles sont promues avec plus de difficultés. 

La Corée du Sud, monde de la perfection et des apparences, veut se faire bien voir sur la scène internationale. Le pays tient aussi à montrer qu’il accorde de plus en plus d’importance à la place des femmes au sein de la société et du monde du travail. Il est donc courant d’avoir des distributeurs de produit hygiénique dans les toilettes des entreprises ou autres attentions destinées aux femmes.

Le summum du coup d’éclat est la mise en place d’un « congé menstruel » d’une durée d’un jour par mois. Ce congé se veut être la preuve que les femmes sont comprises dans le monde du travail.

Mais le plus gros débat se situe toujours au niveau du service militaire obligatoire. Comme dans de nombreux autres pays, les femmes n’y sont pas soumises. D’une durée de deux ans en Corée du Sud, il est une véritable épreuve pour les hommes.  Depuis quelques années, une haine des femmes naît dans le pays, et ce service militaire obligatoire devient une source de tension. Malgré un fort esprit patriotique, les nouvelles générations perçoivent ce service comme une injustice. 

Le mouvement #metoo a permis une timide libération de la parole des femmes en Corée du Sud. Cependant, peu de coréennes osent se déclarer féministe. Entre menaces et pression culturelle, le féminisme est vu comme une discrimination envers les hommes. Depuis 2018, les coréennes demandent plus de sécurité et de droits à leur gouvernement. Un combat long et fastidieux, dans une société profondément misogyne dont les traditions pèsent de tout leur poids sur les épaules des femmes.

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Coralie Brunel

Rédactrice

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