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Les voix qui s’élèvent pour défendre la cause homosexuelle dans le foot sont rares. Les raisons sont nombreuses : la pression du vestiaire, les chants des supporters, l’inaction des fédérations… Elles font du football un environnement hostile à toute personne non-hétérosexuelle.

ⓒ wgbieber - Pixabay

Yoann Lemaire est un joueur du FC Chooz, petit club de football des Ardennes, quand, en 2004, il décide de sauter le pas : il annonce ouvertement son homosexualité à ses coéquipiers. Des tensions apparaissent au sein du vestiaire. Il sera, par la suite, évincé du club. En mai 2019, pour le Parisien, il témoigne : « J’ai honte d’être un joueur de football viré parce qu’il est gay. Combien de fois ai-je regretté de l’avoir dit. J’en ai pris tellement plein la gueule que je suis toujours en colère. » Malheureusement, l’histoire de ce défenseur n’est pas une exception. Rares sont les footballeurs homosexuels à avoir eu le courage d’assumer leur orientation sexuelle. Encore plus rares sont ceux pour qui cela s’est bien passé. 

Supporters, vraiment ?

Mais le non-soutien des équipiers n’est pas l’unique raison du malaise. Si vous vous êtes déjà rendus dans un stade, un jour de match, alors, vous avez forcément entendu des chants homophobes. « L’arbitre on t’encule », « X (ajouter n’importe quel nom de joueur) est un gros pédé », etc… Ça n’a l’air de rien, mais ces mots peuvent blesser. Et pourtant, selon Nathalie Boy de la Tour, présidente de la Ligue Nationale de Football, ces chants « font partie du folklore ». L’association STOP homophobie s’est dite « abasourdie » par ces propos, tandis que SOS homophobie dénonce des paroles qui « relativisent et tolèrent l’homophobie ». 

Mais alors, les supporters sont-ils homophobes ? Pour en avoir le coeur net, nous sommes partis à leur rencontre :

 

Dans certains cas, la réponse est assez évidente :

 

 

 

 

 

Et les hommes n’ont pas le monopole de la bêtise :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fédération sans idée

Qui pour mettre un terme à ces agissements ? La fédération ? Une seule initiative avait été mise en place : en août dernier, la ligue avait demandé aux arbitres de Ligue 1 et de Ligue 2 d’arrêter les matchs en cas de chants homophobes. Le 10 septembre, Noël Le Graët, président de la fédération française de football, y a mis fin. « Je ne veux plus voir de matchs arrêtés. Je ne crois pas que les stades en France soient devenus homophobes […] J’arrêterai un match pour des cris racistes », mais selon lui le racisme et l’homophobie « ce n’est pas la même chose ». Pour le président, l’homophobie semble être moins grave que le racisme. 

Yohann Magnin, meilleur joueur de Ligue 2 après 28 journées de championnat, n’est pas de cet avis : « je trouvais que c’était une bonne chose d’arrêter les matchs. Là, ça a été enlevé, je ne sais pas trop pourquoi. C’est bien que les insultes homophobes, ou tout ce qui s’apparente à de l’homophobie soient sanctionnés à la même échelle que le racisme ou toutes formes de discriminations. Je ne sais pas si c’était la bonne solution, mais c’en était une. » 

ⓒ officialbhafc- Instagram. / Le stade Brighton durant le "Rainbow laces" (les lacers arc-en-ciel). Une initiative lancé par la fédération anglaise pour lutter contre l'homophobie dans le football. Pour l'occasion, ils ont créé un slogan : "This is everyone game", comprenez "ce jeu est ouvert à tous".

Des solutions ?

Une étude du Paris Football Gay démontre qu’en France 41 % des footballeurs expriment une « hostilité » vis-à-vis de l’homosexualité, un chiffre qui grimpe à 50 % dans les centres de formation. Pour Yohann Magnin : « Il faut s’attaquer à la racine du problème. C’est-à-dire aux centres de formation. Il faut sensibiliser les jeunes à ce problème avec des formations, des conférences pour parler de ça. Je sais que justement, l’année dernière, le club (ndlr. Clermont Foot 63) a organisé des ateliers de sensibilisation avec SOS homophobie auprès des jeunes du centre de formation. » 

Une initiative lancé par le club, qui n’est pas imposée par la fédération. Pourtant, à en croire le milieu de terrain Auvergnat : « C’est à la ligue ou à la fédé de trouver des solutions. »

 

L’homophobie ne s’arrête pas aux frontières de l’hexagone. En 2011, Vlatko Marković, alors président de la fédération croate de football, déclare qu’il est impossible qu’un joueur gay porte le maillot à damier (ndlr. le maillot de l’équipe nationale) sous sa présidence. Mais que le risque est minime car « seulement les gens sains jouent au football. »
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Rédacteur en chef

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