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Le collectif #noustoutes, créé en 2018 par des militantes féministes, est né de la volonté d’en finir avec les violences sexistes et sexuelles. Sur les réseaux sociaux, chaque jour, le collectif sensibilise un maximum de personnes sur les violences faites aux femmes et interpelle le gouvernement. Mais qui se cache derrière ce nom ? 

© Lucia _ Unsplash

Lorsque le collectif naît en 2018, ses objectifs sont clairs. Les militants souhaitent alerter sur les violences faites aux femmes et aux enfants dans notre société. Pour ce faire, les réseaux sociaux sont leurs armes principales, une militante nous précise : « NousToutes a une immense force de frappe sur les réseaux sociaux, et dans les médias. » Cependant, le collectif organise aussi, à chaque mois de novembre, une grande marche féministe. Le 23 novembre 2019, elle avait réuni 150 000 personnes en France d’après le collectif. Au fil des années, #noustoutes a pris de plus en plus d’ampleur. Une militante nous explique : « Le collectif regroupe des citoyennes et des citoyens, des associations, des organisations syndicales et politiques. » Mais comment fonctionne ce collectif ?

« Nos motivations ? L’envie de faire prendre conscience au maximum de personnes que les violences sont un sujet d’ordre public, un sujet politique qui nous concerne toutes et tous, et les aider à détecter ces violences, à les prévenir, à aider des femmes ou des enfants victimes qu’elles peuvent rencontrer… »

Le collectif est formé de bénévoles militants éparpillés dans toute la France. Des comités locaux permettent des actions plus ciblées avec le tissu associatif territorial. À cela s’ajoute un groupe de coordination nationale, qui pilote les projets. Il est notamment le point central de l’organisation de la marche de novembre. Ce groupe national répond aussi aux demandes de la presse, organise des rencontres en présentiel plusieurs fois par an et anime des formations. Pour rester en contact, tout ce petit monde utilise des outils de gestion de projets et des groupes WhatsApp. Le collectif précise : « Les week-ends de formation NousToutes rassemblent des centaines de personnes. Les gens se rencontrent, discutent, débattent, comme dans un vrai collectif où l’on se sent part d’un mouvement important et utile. On repart avec une grande envie d’agir et d’en parler autour de nous. »

«  Le collectif fonctionne sur le principe d’une participation collective sans instance décisionnaire comme dans certaines associations avec des élu.e.s etc.  »

Afin d’organiser les sessions de formation, le collectif a lancé des cagnottes en ligne temporaire pendant le confinement. Il précise que le reste de leurs actions ne sont pas financées. Par exemple, en ce qui concerne la marche de novembre, les structures appartenant au collectif participent financièrement.

« Le principal moyen du collectif est l’implication des militantes qui militent sur leur temps libre. »

Enquête

Le 7 février dernier, le collectif entamait une enquête sur le consentement, dans les rapports hétérosexuels, sur les réseaux sociaux. En dix jours, plus de 100 000 personnes ont répondu : « C’est la première enquête d’une telle ampleur menée en France sur cette question. Elle a été lancée suite à une story #NousToutes publiée sur Instagram en janvier 2020 au cours de laquelle des centaines de jeunes femmes ont posé des questions sur le consentement dans les rapports sexuels. » À la suite de cette enquête, #NousToutes a mis à disposition des femmes sondées une liste de numéros utiles et de ressources : « De nombreuses femmes ont témoigné sur les réseaux sociaux de la façon dont l’enquête leur avait fait prendre conscience de nombreux actes violents qu’elles avaient subis au cours de leur vie sexuelle. » Les résultats de l’enquête ont été publiés dans Le Parisien : l’âge des répondantes confirme que les jeunes générations sont concernées. En effet, 75% ont entre 15 et 35 ans.

Pour le collectif #NousToutes aujourd’hui, le plus grand danger pour une femme, est le lit conjugal. Sur leurs réseaux, chaque jour, #Noustoutes fait le morbide décompte des féminicides en France. Pour ce faire, il se réfère au compte Facebook Féminicides par compagnons ou ex. Chaque post est accompagné de quelques lignes expliquant les circonstances de la mort, ainsi qu’une identification systématique du Président Emmanuel Macron pour réclamer des moyens pour lutter contre la violence.

A l’avenir, le collectif compte bien poursuivre leur campagne de sensibilisation au sujet des violences sexistes et sexuelles. Entre autres, il souhaite mobiliser les jeunes dans leur établissement scolaire. En ce qui concerne la marche de novembre 2020, il reste dans le flou en vue de l’interdiction de rassemblement important dû à la crise sanitaire. Mais le collectif est confiant, les mentalités commencent à changer.

« Les jeunes générations sont de plus en plus sensibilisées à l’égalité. Il y avait des filles de 12 ans ultra vénères à la marche NousToutes de novembre 2019. Elles déconstruisent les stéréotypes sexistes qui sont véhiculés dans les médias, les livres, les films, les séries… »

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Rédactrice multimédia

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