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68 millions de Français à domicile… autant de bénévoles potentiels pour la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) qui lance un comptage national des oiseaux communs sur la durée du confinement.

 

La LPO propose de poster les photos des espèces observées © Madeleine Banvillet

Depuis le 16 mars, nos vies ressemblent, à s’y méprendre, à celle d’un canari lorgnant avec obsession le dehors, à travers les tristes barreaux de sa cage… Bon, le tragique en moins, puisque notre confinement a une fin. Il n’empêche, la situation a de quoi faire rire les intéressés, car nombreux d’entre nous se sont mis à compter, non pas les moutons ou les jours, mais les oiseaux pour la LPO. L’initiative s’appelle « confinés mais aux aguets ». La ligue a suspendu toutes ses activités, mais a lancé un programme de comptage national… depuis nos canapés.

Catherine, professeur des écoles en Isère, a reçu un mail au début du confinement et l’a transmis à ses élèves. Compter les oiseaux 10 minutes par jour : un cours de sciences qui aère les esprits. L’une ne peut plus voir son ordinateur en face, l’autre tourne en rond dans le salon : Catherine et sa fille de 12 ans Josépha, ont accepté avec joie, de relever le défi pour MAJ. Première étape, s’inscrire sur le site, indiquer sa position et imprimer les fiches de reconnaissances.

Fiches de comptage LPO © Madeleine Banvillet

Pour éviter les doublons, la LPO préconise de compter tout oiseau dûment posé dans le périmètre de votre jardin ou de votre rue, et ce, 10 minutes durant. Ensuite, on précise le nombre d’individus, l’espèce et l’heure d’observation. Une petite photo est également appréciée. Catherine et Josépha s’arment donc de leurs appareils.

Deux minutes d'observation

– C’est toujours le même merle ?

– C’est une merlette […] et on a déjà eu un rouge-gorge tout à l’heure !

C’est vrai qu’au soleil de 15h, ça ne se bouscule pas aux branches.

– Tiens t’as vu le bruant zizi ?

– Et le pouillot véloce ?

– C’est fou, je pensais pas qu’il pouvait y en avoir autant.

A défaut de volatile en présentiel, les fiches de la LPO font miroiter toute la diversité des espèces communes.

Turdus merula, Merle Noir, ou Merlette d’après Josépha. © Madeleine Banvillet

Dix minutes

Les esprits s’échauffent en attendant qu’un oiseau daigne se poser dans le jardin. © Madeleine Banvillet
Les esprits s’échauffent en attendant qu’un oiseau daigne se poser dans le jardin. © Madeleine Banvillet

Chacune veut savoir à quoi ressemble la bergeronnette, ou si le pinson n’était pas un moineau finalement. Deux fiches pour deux, visiblement, ce n’est pas suffisant. On sent comme une légère intolérance à l’ennui, de là à dire que c’est l’effet « confinement »… Heureusement, l’air pur, c’est apaisant.

Une opération de comptage donne lieu à des échanges dignes d’une bonne comédie :

– Là ! Y en a un !

– Où ça ?

– Sur la branche là, à côté de l’autre !

– T’es marrante toi : laquelle, y en a tout plein des branches.

D’ailleurs, Catherine ne tarde pas à laisser échapper un “ben dit … c’est comme au cinéma…”.

Prolongations

Bien que les ornithologues en herbe mesurent la chance qu’elles ont d’avoir un jardin, force est de constater que le jardin ne fait pas la volière … et qu’il y a toujours plus d’oiseaux dans le jardin du voisin ! Au compteur : une merlette et un rouge-gorge.

10ème minute du temps additionnel, le comptage s’étend à tout organisme volant non répertorié.
©Madeleine Banvillet
10ème minute du temps additionnel, le comptage s’étend à tout organisme volant non répertorié. ©Madeleine Banvillet

Officiellement, le comptage se fait sur 10 minutes pour éviter les doublons. Mais l’exercice semble si plaisant qu’on se demande pourquoi la merlette ne serait pas un merle, qu’on se met à compter les pâquerettes et les papillons… et qu’on finit par dépasser allègrement les 10 minutes officielles. Au compteur : un merle noir, un rouge-gorge, une mésange charbonnière, cinq abeilles, deux papillons, beaucoup de sérénité et une bonne dose de paix intérieure.

Un défi qui attire

Pour participer, rendez-vous sur le site de la LPO « Confinés mais aux aguets », ce sont déjà plus de 150 000 données (six fois plus qu’habituellement) et 8 500 participants répartis sur plus de 5 500 communes. Tout ce beau monde a pu observer plus de 377 400 oiseaux. Si avec ça, le confinement ne nous donne pas des ailes… !

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Madeleine Banvillet

Rédactrice

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