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En plein confinement, les Français se sont jetés sur de nombreux produits de « première nécessité ». Parmi les rayons dévalisés, on retrouve celui du papier toilette. Si la raison de cet engouement reste énigmatique, les conséquences sur l’environnement sont, elles, bien connues.

©Alexas_Fotos - Pixabay

Il semble indispensable à nos quotidiens. Et pourtant, sa popularisation en France ne remonte qu’aux années 60. Le papier toilette, ou PQ pour les intimes, est un objet dont la vie est « torchée » en quelques secondes. En France, nous tirons la chasse sur environ 90 rouleaux chaque année, et par personne. Si nous sommes encore loin derrière les Américains avec leur papier molletonné triple épaisseur, nous restons l’un des principaux consommateurs européens. L’essentiel de la production est assurée par une entreprise suédoise : Essity.

La fleur du mal

Situé au 2ème rang mondial dans la production de produit d’hygiène comme le papier toilette et les mouchoirs, et première au niveau européen, l’entreprise Essity (anciennement SCA) est à l’origine d’une marque de papier bien connue en France : Lotus. Avec son usine à Gien, qui tourne à plein régime depuis le début du confinement, l’entreprise met en avant une gestion « au profit du développement durable ». Du moins sur le papier.

« Arrêtez de vous essuyer avec les forêts ». © Jan Stahl – Greenpeace

En 2017, l’ONG Greenpeace épingle la société Essity pour son approvisionnement en fibre de bois. Dans son rapport rendu public, Greenpeace accuse la firme suédoise de ne pas être regardante sur la provenance de sa matière première, qui serait en partie issue de la taïga. Cette vaste étendue de forêt primaire1 située au sud du cercle arctique, couvre plus de 10 % de la surface des continents. Pourtant, seuls 3 % de cette surface est protégée. L’exploitation de cette zone entraîne, en moyenne, une perte de 2,5 millions d’hectares par an, toujours selon Greenpeace.

©Jasmin Sessler - Pixabay

Les chiffres

27 000 

arbres qui finissent, chaque jour et au niveau mondial, dans nos toilettes.

70 %

de la population mondiale n’utilise pas le papier toilette mais se rince à l’eau.

90

rouleaux de papier toilette utilisés par Français et par an.

140

litres d’eau nécessaires à la fabrication d’un seul rouleau de papier toilette.

« En 2016, […] Essity a acheté près de 5,3 millions de tonnes de fibres, dont […] 2,9 millions de tonnes de fibres vierges. »

Des chiffres inquiétants, alors que nous arrivons au terme de l’échéance des objectifs d’Aichi, visant entre autres à « protéger au moins 17 % des zones terrestres ».

Chacun ses fesses ?

S’il ne semble pas facile aujourd’hui de se passer de cet objet considéré autrefois comme un luxe, plusieurs alternatives au papier toilette existent et sont écologiquement plus responsables. Comme se rincer à l’eau. Une solution choisie par 70 % de la population mondiale, et qui limite drastiquement son impact écologique. En effet, un bidet ne consomme en moyenne qu’½ litre d’eau par utilisation, contre 140 litres pour la fabrication d’un seul rouleau de papier toilette. Pour ceux et celles qui tiennent à leur confort et à leur papier, d’autres alternatives sont également envisageables. Parmi elles, le papier toilette recyclé. Avec près de 50 % d’économie d’énergie et d’eau à la production, et surtout, des arbres sauvés, c’est une solution relativement simple et un bon premier effort pour la planète.

 

 

Alors, prêts à éviter « la bûche au fond des WC » ?

©memedroid
1Forêt primaire : Forêt vierge, intacte, préservée de toute activité humaine.
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Rédacteur environnement

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