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Qu’ils soient bleus, jaunes, verts ou gris, les perroquets ont toujours suscité l’admiration générale de part leur beauté et leur talent d’imitateurs. Le kakapo, lui, n’est pas de ceux qui brillent sur scène. Avec une population réduite à une centaine d’individus, ce perroquet nocturne et terrestre est en danger critique d’extinction.

Kakapo © Five-5-five - Pinterest
La Nouvelle-Zélande n’a décidément pas fini de vous surprendre. Après le sphénodon, le fameux reptile préhistorique, voici un autre drôle d’oiseau, au sens propre en plus. Endémique de l’île, le Strigops kakapo est le seul perroquet non-volant au monde. Il est aussi, au même titre que le sphénodon, l’animal avec le métabolisme1 le plus lent de son groupe, ce qui lui permet de vivre jusqu’à 120 ans. Encore un record de longévité pour la Nouvelle-Zélande !

Coucou petite perruche

L’isolement de l’île a, pour cet oiseau, comme pour de nombreux autres animaux, permis une évolution bien différente des espèces continentales. Aussi appelé « perroquet-hibou », le kakapo est un gros perroquet, le plus gros du monde même. L’oiseau est, en effet, capable de stocker une importante quantité de graisse, faisant s’envoler son poids jusqu’à 6 kg. Mais peu importe : il ne sait, de toute façon pas voler. Notre ami n’utilise donc ses ailes que pour garder l’équilibre, et ralentir ses bonds lorsqu’il saute de branches en branches.

Bien vu l'aveugle

Mais alors pourquoi est-il nocturne ? Encore un mystère de l’évolution ? Eh bien, non, cette fois, nous avons la réponse. La principale raison serait la présence de rapaces sur l’île, dont l’activité de chasse se concentre la journée. Le kakapo s’est donc, peu à peu, habitué à vivre la nuit afin de se cacher de ses prédateurs. Ses plumes, qui jouent le rôle de camouflage sur le sol et dans les arbres de la forêt, lui servent aussi à se déplacer. En effet, son bec est entouré de fines plumes, qui lui permettent de sentir le sol la nuit… le kakapo se déplace donc tête baissée !

Détails des plumes de la tête d'un jeune kakapo © Kimberley Collins - Flickr

Des chiffres qui volent toujours bas

Si l’incapacité de voler paraît handicapante, pour lui, ce n’est pas une malédiction. Du moins jusqu’à ce que l’Homme s’installe sur l’île, il y a environ 700 ans. Une date qui sonnera le début du déclin de l’espèce, avec l’importation de nouveaux prédateurs comme les rats, les chiens et les chats.

Après des efforts de protection infructueux de 1890 à 1980, les scientifiques ont pris les choses en main pour tenter de sauver l’espèce, alors réduite à une cinquantaine d’individus. L’espèce est sauvée in extremis, et en 2012, les 120 derniers survivants sont tous regroupés dans des zones loin de l’Homme et de ses prédateurs importés. Ces individus représentent la dernière chance de survie de l’espèce. En juin 2019, le réchauffement climatique semble profitable à la reproduction grâce à une abondance de nourriture. Mais cette même année, un virus frappe les kakapos, et tue neuf d’entre eux… La population, qui comptait 147 individus en début d’année, est de nouveau affaiblie. Fort heureusement, le travail des scientifiques a permis de stopper le virus, et l’année 2019 s’est tout de même achevée avec 71 oisillons survivants, portant la population à 213 individus. Une bonne nouvelle, qui n’est pas un prétexte pour baisser la garde : l’espèce est toujours en danger critique d’extinction

1 Métabolisme : ensemble des transformations se réalisant dans le corps d’un être vivant.
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Rédacteur environnement

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