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Le confinement pousse à la créativité. Pour ne pas laisser son public sans nouvelles, le rappeur marseillais YL a décidé, dès les premiers jours d’enfermement, de créer des morceaux pour ses fans. Quelques semaines plus tard, le 17 avril, sortait la mixtape Vaillants.

@YL - Facebook

Marseille est un terreau fertile pour le rap français. Au milieu des têtes d’affiche de la ville, se bousculent les étoiles montantes. Parmi elles, YL, un artiste dont la voix éraillée fait penser à Niro ou Rim’k. Propulsé par sa mixtape Confidences en 2018, avec de gros guests comme Ninho, Soolking, Alonzo ou Jul, il a continué son ascension l’année suivante, avec un double album. Alors qu’il commençait la promotion du suivant, le confinement a chamboulé ses plans. Plutôt que laisser ses fans dans l’attente, il a décidé de créer un disque : Vaillants.

On dirait le sud

Si le rap marseillais est en tête des charts, c’est entre autres pour son côté ensoleillé et ses refrains dévastateurs. Bien que ce ne soit pas sa qualité principale, YL maîtrise le sujet, et montre à plusieurs reprises qu’il sait ambiancer ses auditeurs avec une facilité déconcertante. Les morceaux du genre dans le disque, font mouche immédiatement, en particulier grâce à la voix rocailleuse du rappeur. Le morceau Mon Frérot, avec sa guitare en arrière, son rythme dansant et son refrain autotuné entêtant en est l’exemple typique. L’artiste emploie aussi certains clichés du rap. En scandant le fameux « Skurt » par exemple, qui devient parfois lassant et n’apporte pas vraiment d’intérêt à ses titres. Néanmoins, le véritable fonds de commerce de l’artiste, c’est sa manière de raconter la rue.

Récit du quotidien

YL a toujours vécu dans la banlieue de Marseille, il a pu côtoyer toute la misère et la violence qui y règne. Ses thèmes sont ceux qu’on entend régulièrement dans sa région : drogue, argent, pauvreté. Il retranscrit à merveille cette détresse à travers ses rimes : « J’suis focalisé sur le biff grave parce que traumatisé par la miséria », « En gros la rue fait des dégâts ». Pour illustrer ses propos et les rendre plus percutants, le rappeur use de nombreuses figures de style. Parfois de simples homophonies « la pression qu’ils me mettent, l’impression qu’ils me mentent ». Parfois de longues allitérations en « p » pour illustrer des coups comme dans #213. La violence fait d’ailleurs partie de ses sujets de prédilection, qu’il semble vivre avec une certaine dualité. Il lui arrive de la prôner : « j’ai des envies meurtrières » « j’vais déployer violence et guitare et violon », « une parole de travers ton sang va couler ». À l’inverse il peut la repousser : « il est mort pour le biff, ça n’a pas de sens », « J’connais des tueurs, j’veux pas leur ressembler, dans leurs yeux y a pas d’lueur ». Un contraste qui montre à quel point les problèmes de sa ville l’atteignent et qu’il aimerait changer son quotidien et celui de ses proches. Il raconte sa vie avec amertume, entre glorification et critique de la rue.

Produit en très peu de temps, la mixtape d’YL ne déçoit pas. Le rappeur a su en quelques semaines cristalliser tout son savoir-faire pour proposer un disque simple et efficace. Vaillants remplit à merveille son objectif : servir de compensation pour ses fans.

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