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Trois ans après leur premier album, le groupe Comme John a sorti leur nouveau disque : Douce Folie. Repoussé à cause du confinement, tournée partiellement annulée, rien ne s’est passé comme prévu. Les deux soeurs expliquent comment elles se sont adaptées au monde d’après.

@Comme John - Facebook

" Vous avez sorti votre nouvel album Douce Folie il y a quelques jours, trois ans après Illusion, heureuses qu’il soit enfin sorti ?

Oui plutôt heureuses. C’est vrai que l’attente a été longue, même si on a fait beaucoup de concerts entre les deux disques. Il est prêt depuis fin 2019 et on devait commencer la promotion en mars, pour le sortir en mai, donc au final on a pu le décaler sans problème. On a d’ailleurs profité du confinement pour être présentes sur les réseaux sociaux en postant une vidéo de cover par jour.

Comment vous est venu l’idée de faire ces covers?

On s’est dit qu’il fallait remplacer les concerts qu’on avait perdu (plus d’une dizaine de dates). Comme on était pas confinées ensemble, ça nous permettait d’avoir en quelque sorte des nouvelles de l’autre. Pour le public, ça nous a permis de créer un lien, fidéliser le public. On a même doublé nos followers.

C’est pour ça que vous avez repoussé la sortie de l’album ? Parce que ça n’avait plus de sens par rapport à la tournée ?

On se demandait vraiment si on avait envie de faire des concerts dans l’été avec ces conditions spéciales pour tout le monde. On ne savait pas non plus si en mai on serait encore confiné ou non, donc on s’est dit que ce serait dommage de le sortir sans qu’il puisse vivre. En attendant, on a sorti des clips pour pallier l’attente.

Sortir un disque dans une telle situation c’est compliqué?

Oui, parce que les dates de concerts sont incertaines. En revanche, il y a de nombreuses choses développées par les radios ou les pros, qui mettent, entre autres, nos chansons dans leur playlist. Ça crée un autre moyen de diffusion, la musique vit différemment. Et puis on a aussi pu par exemple prendre le contrôle des réseaux sociaux de la SACEM avec leur initiative “Soutenons la scène française”.

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Pour fêter la sortie de l’album, vous organisez une release party le 11 septembre à la Coopérative de Mai. Avec les mesures sanitaires est ce que vous avez hâte ou, au contraire, vous appréhendez ?

C’est un peu bizarre. Nous, on a la chance que ça ne change pas grand chose sur scène, mais c’est compliqué de motiver les gens à venir. Certains ont hâte d’aller en concert, d’autre au contraire ont peur. Mais pour nous ça change parce qu’on va jouer dans la grande salle. La scénographie est bien différente et on a pu créer un show un peu unique.

Vous aviez une tournée pré-album et post-album, vous avez réussi à garder des dates ?

Alors les dates qui étaient prévues en mars-avril ne peuvent pas être reportées, la Gironde qui organisait la tournée ne peut pas les reporter, mais ils nous soutiennent énormément. En revanche, toutes les dates de l’automne sont pour l’instant maintenues. 

Votre second album Douce Folie est sorti vendredi, il parle beaucoup du temps, celui qui passe, mais aussi le temps qu’il fait. Comment vous expliquez que ce soit si présent dans votre musique ?

On aurait dû l’appeler météo (rires). Non, c’est vrai que ça nous suit, sur le précédent album c’était déjà un peu le cas. Quand on se pose pour écrire une chanson, on fait un petit bilan, à chaque fois on est dans un état d’esprit différent. Chacune d’entre nous a participé à l’écriture et a dû faire ses références au temps. On n’a pas un attachement particulier au temps qu’il fait dehors mais inconsciemment ça influe sur le “mood” de la chanson.

Est-ce qu’il y a eu de nouvelles influences pour ce disque ? Avec un titre comme Été 80 on pense immédiatement aux groupes de ses années-là et des inspirations comme L’impératrice.

Ce disque, on l’a voulu plus pop qu’Illusion, qui était un peu plus classique au niveau des arrangements. Dans Douce Folie, on voulait retrouver le côté pop anglo-saxonne avec la batterie et la basse. Pour le titre Été 80, on a imaginé un mix entre le film La Piscine et le passage dans OSS 117 où Jean Dujardin est au bord de la plage. On réfléchit beaucoup les morceaux en tableaux. 

Au-delà des influences, l’album a un peu plus de « texture ».

Oui, c’est ce qu’on cherchait, sur celui d’avant on restait essentiellement sur nos maquettes sans forcément ajouter énormément d’arrangements. Sur celui-ci on voulait que ce soit assez fourni. C’est pour ça qu’on a rajouté des nappes de synthés, de la guitare électrique… c’était vraiment ce qu’on voulait.

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Comme pour le précédent album vous avez décidé de faire un format assez court : 25 min pour Douce Folie. C’est une volonté ?

Je pense qu’on aime les formats comme ça, c’est un peu le format Beatles, c’est une sorte de simplicité. Ce qui fait que sur scène on doit jouer beaucoup de chansons ! (rire) En réalité, on a fait plus de chansons, mais on en a éliminé certaines. À la fin, on trouvait que celles présentent sur l’album allait plutôt bien ensemble. On s’est rendu compte que ça tournait essentiellement autour de l’amour avec des sentiments différents à chaque fois et ça donnait un tout cohérent.

Mise à jour

D’après vous quel.le artiste dans sa carrière a fait la meilleure mise à jour ?

Je pense à quelqu’un qui a une carrière assez longue, où sur la fin ça a bien marché, Christophe. Avant, quand on pensait à lui, on le voyait comme un artiste d’il y a plusieurs décennies et là sur ses derniers disques, il a testé vraiment de nouvelles choses, notamment du vocoder, c’est osé.

Si vous deviez faire la mise à jour d’un élément dans votre musique/carrière, ce serait quoi ?

Je pense que ce qui serait cool, qui serait dans l’air du temps, mais qui nous ressemble pas forcément, ce serait peut-être d’ajouter des pads, un truc un peu plus électro. Après, nous on veut pas forcément rentrer dans la case d’aujourd’hui où il faut faire de l’électro, mais ça pourrait peut-être apporter quelque chose sur un ou deux titres.

Si vous deviez faire la mise à jour d’une chose dans la vie, ce serait quoi ?

Je pense qu’on va appuyer sur Reset, on va retourner en 2019 avant le virus. Autrement ça pourrait être que le monde entier arrête de faire n’importe quoi, mais on va déjà enlever le virus et on verra après. »

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Rédacteur culture

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