Site Loader

Les musicothérapeutes sont des professionnels de santé qui soutiennent des patients dans leurs traitements. Armés d’un sens du rythme et d’une batterie d’instruments, ils orchestrent une pause bienvenue dans des thérapies parfois longues. Entretien avec Marc Gravejat, musicothérapeute en Auvergne.

© William Iven - Pixabay

Quel a été votre parcours ?

Avant d’être musicothérapeute dans des institutions et à domicile, j’ai été formé à l’école d’art-thérapie de Tours, l’AFRATAPEM. Par la suite, j’ai obtenu un diplôme universitaire d’art-thérapie à la faculté de Grenoble. Je suis aussi musicien parmi plusieurs groupes auvergnats.

Pour vous musicothérapeute, c’est quoi ?

Un musicothérapeute, c’est quelqu’un qui va utiliser la musique à des fins thérapeutiques. On ne se résout pas à enlever un traitement thérapeutique à un patient. On ne soigne pas, on accompagne les malades. Cette pratique est utilisable pour toutes pathologies. Si quelqu’un connait des difficultés ou des capacités atténuées, la musique a d’autant plus d’impact sur ces personnes-là.

Cette discipline médicale connaît deux approches. La musicothérapie réceptive, où le patient effectue des écoutes musicales, dans un contexte bien particulier, avec des consignes. D’autre part, avec la musicothérapie active, on va plutôt demander à la personne de jouer de certains instruments. Dans les séances, c’est rare de ne faire qu’écouter ou pratiquer de la musique. On peut écouter, mais tout autant battre des pieds, taper des mains ou avoir envie de chanter…

Chaque français passerait 14,8 heures par semaine en moyenne à écouter de la musique selon un rapport de l’industrie phonographique en 2018. © Freephotos - Pixabay

Comment la musicothérapie peut-elle soigner ?

La musique produit des effets d’ordre somatique, le corps perçoit directement les vibrations et les fréquences, et des effets d’ordre cérébraux. La musicothérapie s’appuie sur ces derniers. L’écoute ou la pratique musicale impacte plusieurs aires du cerveau, principalement les zones sensorielles. En fonction des cas médicaux, on essaie de s’appuyer telle ou telle zone et de les stimuler au maximum. 

Par exemple, certaines pathologies, notamment les démences, touchent des zones du langage. On peut potentiellement réapprendre ou resensibiliser cette zone du langage chez un patient en chantant, en écrivant des paroles ou en ré écoutant des chansons. Il y a tout un travail sur le vocabulaire qui peut être fait via des couplets qui reviennent en boucle, des refrains, des mots récurrents…

Tout le monde est-il réceptif à la musicothérapie ?

Non, pas directement. On pourrait penser que les personnes très malentendantes ou sourdes sont moins réceptives à la musicothérapie. Cependant, j’ai trouvé une petite astuce : je travaille avec elles en utilisant un vibratoire. On a des instruments comme le Kalimba, un instrument africain, et le Hang-drum qui émettent beaucoup de vibration. Avec eux, les personnes sourdes ou malentendantes peuvent s’imaginer des mélodies.  Il existe aussi des personnes atteintes d’anhédonie musicale. Elles n’éprouvent aucun plaisir à écouter de la musique, mais je n’en ai jamais rencontré dans ma carrière. 

Est-ce que la musicothérapie nécessite des séances régulières ?

Cela peut se faire sur un seul rendez-vous. Je fais des séances uniques au CHU pour des personnes qui viennent de subir une très longue chirurgie. On leur enlève la morphine le jour où j’interviens. Les patients étant souvent des enfants, ils ne peuvent plus recevoir d’antidouleur. La musicothérapie va servir à contourner la douleur liée au manque de morphine. Je ne les voie qu’une seule fois et cela leur fait quand même du bien.

On a aussi des protocoles très longs. Il y a des personnes que je suis depuis plusieurs années et il y a toujours de nouvelles choses dans les séances. Ce sont principalement des personnes vieillissantes qui perdent progressivement leurs capacités. Mon objectif c’est de raviver ces capacités  au maximum.

Vous voulez en savoir plus sur la musicothérapie ? C’est par ici ! 


circle-cropped (7)

Rédacteur multimédia

Partager l'article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *