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Nouvel épicentre du rap français, Sevran est la scène à suivre depuis quelques années. Mis sur la carte par Kaaris avec Or Noir en 2013, le flambeau a été repris par Kalash Criminel, Maes et 13 Block. Depuis, une autre pointure a émergé. Remarqué et reconnu par le projet Mexico, Da Uzi a sorti ce 3 avril son véritable premier album : Architecte.

 

@ Da Uzi - Genius.com
@ Da Uzi - Genius.com

Sans aucun doute l’une des attentes principales du mois d’avril. Da Uzi a eu la lourde tâche de sortir un disque, un an après une mixtape de haut vol. Alors que Mexico servait de carte de visite, Architecte se veut être l’album représentant l’artiste. Pour ça, il n’a pas lésiné sur les moyens : une promotion plusieurs mois à l’avance avec deux titres mis en avant : Plus belle la vie et Le dire. Il présente un ensemble ambitieux en proposant 19 titres.

Des bases solides

Les premières sorties dévoilées avant la parution du disque, indiquaient déjà la direction prise par l’artiste : des morceaux efficaces dans la tendance actuelle. Une formule qui ressort durant les 56 minutes. Le rappeur montre une technique irréprochable et des titres conçus pour percuter. Flow calibré, refrains chantés, et une plume qui dépeint son quartier avec un naturel renversant. Malheureusement, le thème s’étend sur tout l’album et finit par lasser. Il propose les classiques morceaux introspectifs, streets et dansants, mais aucun ne se démarque vraiment de la mouvance rap du moment, à l’image des featurings choisis.

Espace mal exploité

Les quelques collaborations de l’album sont composées uniquement de têtes d’affiches (Ninho, SCH, Maes, Mister You et Alonzo). Elles apportent chacune leurs particularités et permettent de diversifier, par fines touches, le contenu global. Da Uzi arrive même, contrairement à beaucoup, à imposer son style sur le featuring avec Ninho. Mais ces participations montrent le véritable point noir du projet, le rappeur a voulu voir trop gros. En voulant en faire toujours plus, il offre un disque condensé, avec un manque cruel de respiration. 19 morceaux, sans même un interlude. Le tout se trouve difficile à apprécier dans son ensemble, presque indigeste.

Malgré quelques fulgurances comme Crois Moi ou Da Vinci, Architecte paraît trop simple. A l’image de son homologue sevranais Maes, Da Uzi a bâti un album propre, réussi mais sans audace. Il remplit seulement le cahier des charges, oscillant entre bangers, featuring efficaces, morceaux dansants, streets et introspectifs. Au final Architecte nous montre de belles fondations, mais un intérieur trop vaste et impersonnel.

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Simon Quentin

Rédacteur

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