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Plus de  93 000 personnes sortent de prison, chaque année. Le SPIP, service public pénitentiaire d’insertion et de probation, a pour mission d’aider les personnes que l’autorité judiciaire lui a confié. Entre le SPIP et les associations, plusieurs solutions sont mises en place pour favoriser la réinsertion des personnes placées sous la main de la justice. Malgré tout, un retour à la vie normale est-il possible ? 

© Photo by Mitchel Lensink on Unsplash

Plus de 80 000 personnes sont, actuellement, dans un établissement pénitentiaire en France. Bien que la prison soit une sanction pour avoir commis un délit, la loi prévoit un suivi obligatoire afin d’aider les personnes condamnées à se réinsérer dans la société. Le conseiller d’insertion pénitentiaire et de probation (CPIP) est la personnes en charge du bon déroulement de ce suivi, que le condamné soit en milieu ouvert, ou en prison. Cet accompagnement permet de prévenir la récidive, tout en essayant de maintenir les liens familiaux du condamné, et surtout  de préparer sa sortie. Ce travail d’accompagnement et de réinsertion commence dès le début de sa condamnation. L’aménagement de peine peut également être organisé par le conseiller. 

Cependant, même si le CPIP a un rôle majeur en matière de réinsertion et de  prévention de la récidive, le suivi que doit avoir toutes les personnes condamnées est difficilement réalisable. Pourquoi ?

En France, il y a 245 000 personnes prises en charge par l’administration pénitentiaire pour environ 3 000 conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation. Ce qui signifie, qu’en moyenne, un conseiller doit accompagner 80 personnes placées sous l’autorité de la justice. Une mission quasi-impossible. Certains condamnés peuvent donc sortir de prison sans avoir eu un seul rendez-vous avec un CPIP. C’est souvent le cas pour des personnes effectuant des courtes peines. C’est un réel problème, surtout quand on sait que, sans accompagnement, 63% des détenus récidivent dans les 5 ans.

« On est la porte qui leur permet de voir un peu plus claire derrière. »

Une main tendue

Des associations tentent de venir en aide aux ex-détenus, qui sortent des établissements pénitentiaires, bien souvent, sans papiers, sans logement, sans travail, et sans argent. Ces associations sont une bouée de sauvetage pour ces personnes qui sortent de détention assez brutalement et qui aspirent à reprendre leur vie en main.

« Quelqu’un m’a dit un jour : si je n’ai pas quelqu’un pour m’accompagner pour m’aider pour me soutenir, je risque de refaire des mauvaises rencontres et de refaire des bêtises. »

A Lyon, l’association Companio est l’une de celles qui accompagnent les anciens détenus pour les aider à retrouver une vie normale. « Quand on les rencontre pour la première fois, on fait le point, en fonction de ce qu’ils veulent bien nous dire.  On les  écoute et on analyse leur situation en commençant par gérer les choses les plus urgentes. » explique Gérard, trésorier de Companio. L’association, qui compte une dizaine de bénévoles, aiguille sur les étapes à franchir, notamment pour trouver un logement et un travail. « On les dirige vers des foyers de réinsertions et  des organismes pour qu’ils reprennent l’habitude de se lever le matin. On leur sert d’ouverture. Comme l’ancien président de l’association disait « on est la porte qui leur permet de voir un peu plus claire derrière ». Une porte à laquelle bon nombre de détenus viennent frappés pour être épaulé, car sans elle, certains retourneraient tout droit à la case prison.

«  Celui qui va sortir de prison seul, qui est à la rue, qui n’a pas d’amis et qui n’a pas d’association à laquelle se raccrocher, a toutes les chances de refaire une bêtise. »

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Rédactrice société

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