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C’est un mytho” C’est souvent l’expression qu’on emploie pour qualifier quelqu’un de menteur. Pourtant, il existe une grande différence entre un menteur et un mythomane.

© Pexels

Dans le langage courant,  on assimile généralement un mythomane (alias mytho)  à un menteur. Même si le mensonge est le point commun entre le mythomane et le menteur, ils restent bien différents.  Mais alors, quelle est la différence ?  Un menteur est complètement conscient qu’il ment (peu importe les raisons pour lesquelles il le fait) alors  qu’un mythomane ne l’est pas du tout. Autrement dit, un menteur qui affirme  avoir vécu aux États-Unis, sera parfaitement conscient de son mensonge, alors qu’un mythomane qui vous dira la même chose sera complètement convaincu qu’il a vécu au pays de l’oncle Sam. Un mythomane a tendance à fabuler sans même s’en rendre compte. Il est persuadé que ce qu’il raconte est vrai. Selon le psychiatre, Pierre Lamothe, la mythomanie est « un mécanisme normal qui dérive et qui finit par occulter la réalité. ». Autrement dit, « dire à un mythomane qu’il ment ne sert à rien » étant donné qu’il n’est pas conscient qu’il ment. 

Tous les mythomanes n’ont pas le même degré de mythomanie car il en existe différents types. Par exemple, il y a la  possibilité de clivage chez le mythomane c’est-à-dire qu’il peut à la fois mêler la vérité et le mensonge. 

Mais la mythomanie peut atteindre un stade où elle envahit tout. « À partir de là, on peut dire qu’elle s’apparente à une psychose qu’on appelle paraphrénie, c’est-à-dire que ce sont des schizophrènes qui recréent un monde virtuel parce qu’ils sont incapables de se reconnaître ou de s’identifier dans le monde réel. » explique Pierre Lamothe. C’est ce qu’on appelle  une mythomanie délirante. 

La mythomanie, qui n’est pas héréditaire, est due à de multiples causes (choc émotionnel, par exemple), souvent difficiles à détecter. Les mensonges du mythomane n’ont pas pour but de tromper ou d’escroquer quelqu’un, mais d’arriver à faire croire aux autres, ses propres mensonges pour se rassurer et pour se conforter dans l’idée que ce qu’il dit est vrai.  

Cependant, même si un mythomane n’est pas un menteur, un menteur peut devenir mythomane.

«Voilà ce que j’ai fait, dit ma mémoire. Je n’ai pu faire cela, – dit mon orgueil  qui reste inflexibe. Et finalement, c’est la mémoire qui cède. »

Friedrich Wilhelm Nietzsche

Du menteur au mythomane

Cette situation se présente notamment, lorsqu’une personne qui refuse catégoriquement de reconnaître ce qu’elle a fait, finit par croire qu’elle ne l’a pas fait. Cette personne qui, initialement, mentait  de manière complètement consciente, croit finalement en ses propres mensonges et devient complètement esclave de ce qu’elle raconte. On remarque régulièrement ce phénomène chez les parents accusés d’avoir maltraités ou tués leur enfant. Initialement, les parents mentent délibérément pour ne pas qu’on découvre ce qu’ils ont fait. Mais l’acte commis est tellement invraisemblable qu’ils refusent complètement d’affronter la réalité. Ils ne veulent pas croire qu’ils aient pu maltraiter leur enfant au point qu’ils arrivent à se persuader qu’ils ne l’ont pas fait. Ils vont, parfois, jusqu’à accuser quelqu’un d’autre d’avoir commis cet acte. 

S’il est parfois difficile de repérer certains mythomanes,  d’autres sont plus faciles à détecter. Certains mensonges sont tellement énormes que comme l’explique Pierre Lamothe « on n’a pas besoin de vérification pour se rendre compte que c’est faux ».  C’est notamment le cas pour les mythomanies délirantes.

Mais comment  soigne-t-on une personne victime de mythomanie ? Consulter un psychiatre semble être la solution. À moins qu’il représente un danger pour la société, seul, le mythomane peut décider s’il souhaite se faire soigner ou non. Mais encore faut-il qu’il réalise qu’il est atteint de mythomanie. 

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Rédactrice société

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